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Course athlétisme

Pourquoi je soutiens Katia Benth

Il y a quelques semaines, Katia Benth, mon ancienne coéquipière du relais avec qui j’ai été championne d’Europe a été amputée d’une jambe. Un problème de sang pas diagnostiqué à temps. Une décision dure et rapide, qu’elle a dû prendre pour sauver sa vie.

 

Le choc pour elle et ses proches a été terrible et violent.

Elle me l’a dit, « le réveil a été très compliqué », et la prise de conscience que toute sa vie va changer est loin d’être achevée. 

Dans l’esprit collectif, l’athlétisme et ma discipline, le sprint, sont des sports individuels. Pourtant, j’ai gagné mes plus belles médailles en équipe. Adversaires toute l’année, nous étions capables d’unir nos forces pour rapporter des médailles à la France. Dans ces moments-là, nous étions une famille. Nous nous sautions dans les bras, faisions ce tour d’honneur ensemble, sourions ensemble au public tricolore qui avait fait le déplacement et aux caméras françaises qui nous portaient aux nues. Nous grimpions main dans la main sur cette caisse en bois récupérer nos médailles et saluer le public. 

« Le réveil a été très compliqué »

À cette époque, l’athlétisme était bien plus présent dans les médias. La France ne gagnait pas beaucoup de médailles, et le relais en fin de semaine créait souvent la surprise et la sensation. Ces équipes que nous formions donnaient du sens au mot collectif. Nous étions jeunes, naïves, ambitieuses. Parfois rigolotes, toujours heureuses d’être là. Et de partager ce bonheur ! Quand on parle du relais français de cette période, les gens ont encore les yeux qui brillent. Ils ne se rappellent pas de tous nos noms. Si, de celui de notre locomotive, Christine Arron, de la belle et souriante Muriel Hurtis, et puis les autres. C’était nous : Katia, Odiah, Sylviane, Patricia, Fabé, Delphine et moi… Un peu interchangeables, c’est vrai, mais nous étions là.

Nous avons participé à ces victoires ensemble, en équipe.

Nous avons fait vibrer la France.

Zidane ou M’Bappé n’auraient pas pu être champions du monde sans une bonne passe. Nous étions là pour passer le relais. 

Perdre une jambe pour une athlète, c’est perdre un bout de son identité

Si je partage tout cela, c’est pour que vous vous rappeliez ces émotions. Que vous compreniez pourquoi aujourd’hui, toutes ensemble, en équipe, nous avons choisi de soutenir Katia Benth, de faire clan autour d’elle pour l’aider à anticiper tous les changements à venir dans sa vie. Très lourd à porter, le poids financier joue également un rôle majeur dans sa convalescence.

Il y a évidemment des frais médicaux, des frais de logistiques, et des frais d’adaptation. Sans faire pleurer dans les chaumières, il est évident qu’un statut de conseiller technique sportif ne suffira pas à couvrir tous ces besoins. N’étant pas footballeurs, nos belles années d’athlétisme n’ont malheureusement pas permis à Katia ni à aucune d’entre nous de gagner assez d’argent pour traverser ce genre d’épreuve sans difficulté. Nous avons donc créé une cagnotte pour lui permettre une transition le plus en douceur possible.

On m’a souvent demandé comment la France nous rendait ces victoires et ces médailles. J’ai toujours répondu que la France ne nous devait rien. Nous avons eu la chance de voyager, de rencontrer des gens formidables et passionnants. Je fais volontairement l’impasse sur toutes les contraintes du sport de haut niveau car vingt ans plus tard, je n’en retiens que le bon et la magie. Rappelons nous des émotions partagées, faisons équipe autour de Katia. La nation vibre avec ses équipes de France lors des victoires, ensemble, soyons solidaires de son combat. Toujours discrète, Katia Benth est très sensible à tous vos messages et manifestations.

 

J’ai bien conscience que nous faisons tous ce que nous pouvons et qu’il y a d’autres causes, mais en tant que coéquipière, je me devais de vous sensibiliser et vous solliciter. 

Que ce soit à titre privé ou professionnel, au nom d’un club, d’une collectivité ou d’une institution, chacun peut, selon ses possibilités, contribuer à cet élan de solidarité, en participant et ou en partageant cette cagnotte : https://www.leetchi.com/fr/c/lXjBadd5 

 

Tous ensemble pour Katia, merci !

 

Frédérique BANGUÉ

Championne d’Europe
Vice championne du monde
2 jeux olympiques avec le relais 4 x 100 m français
Fondatrice de Salto Mag

 

Photo © media365